Les vautours de fantômes, le business et les autres

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Je vais évidemment parler du coté le plus discutable de ce thème, une histoire d’impressions somme toute assez suggestives mais pour tout vous dire qui m’ont poussé à beaucoup moins partager l’actualité des chasseurs de fantômes.

Je suis revenu de tout ça… Bien sur, je fus l’un des premiers fans de Ghost Adventures, des Taps et autres show télévisés de divertissements sur la « chasse » aux fantômes mais ce monde est aujourd’hui trop instable et opaque pour une raison : Je veux devenir chasseur de fantômes pour gagner ma vie.

J’ai envie de montrer au monde que le paranormal existe.

Ce leitmotiv aux allures faussement humanistes est l’argument facile pour justifier sa chasse. Il y a des milliers de chasseurs de fantômes à travers le monde et beaucoup phagocytent ce terme en l’utilisant comme argument publicitaire ultime.

Non je ne suis pas une personne qui souhaite gagner de l’oseille, je suis quelque part une sorte de messie, un nouveau Moise, une sorte de porteur du message de l’au-delà. Oui. oui ! Je suis un élu ! Mais filez moi du pognon quand même.

Attention ! Je ne dis pas que le chasseur de fantômes ne doit pas être soutenu financièrement, j’insiste sur les arguments fallacieux qui trompent l’audience. Vouloir être un porteur de vérité en mentant sur son propre compte, n’est-ce pas à l’opposé de la sincérité qui est la garante d’un partage honnête ?

Mais comment peut-on avoir pour motivation première de gagner de l’argent par ce biais ?

Sur ma page Facebook, je reçois beaucoup de messages d’appel à l’aide. Il ne sont pas tous très clairs et certains tiennent plus de la pathologie mentale que d’une réelle attaque d’entité. Les gens sont seuls, tristement seuls, désespérés dans ce monde moderne qui a perdu sa foi, loin des religions, la foi pure qui consiste à croire que le monde a prévu quelque chose de bien pour nous. Les gens cherchent des réponses, s’inventent des histoires pour se sentir au centre de quelque chose. Je ne leur jette pas la pierre, non, loin de là, c’est pour eux que j’écris cet article, les gens délaissés, meurtris qui se rattachent à la mort plus que dans l’espoir de la vie.

C’est pour eux que je ne partage plus de vidéos de chasseurs de fantômes, loustics au chomdu souhaitant trouver un taf facile, puceaux du paranormal, enquêteurs de salon, stars de salle de bain décrépie.

Les vautours de fantômes m’exaspèrent à vouloir que je partage leurs vidéos pour gagner quelques centimes de Google Adsense. Un tour sur un shop spécialisé, quelques centaines d’euros, une dose de courage et on s’invente un rôle d’enquêteur, cambrioleurs de pacotille, avides de capturer l’image ou le son qui leur permettront de faire leurs vues sur Youtube. Il n’y a rien d’humain là dedans, c’est 100% capitaliste, pas de message, une preuve ou deux pour faire frisoter la couenne des solitudes et s’enorgueillir d’avoir une paire bien pendue.

De l’autre coté, beaucoup d’âmes qui ont besoin de sensations fortes, fans de films d’horreur qui cherchent un moyen de ne pas s’endormir pour une autre raison que leur triste vie sans aventure. Pouce en l’air, like et partages Facebook, voila la finalité du paranormal sur Youtube…

Des gangs de chasseurs de fantômes se montent, attaquant leurs concurrents pour discréditer leur travail, ils finissent tous par prendre leur mythomanie de détenteurs de vérité très au sérieux, aboyant les uns contre les autres. Des enquêteurs très sympas ont du arrêter leurs enquêtes face à la jalouse cabale.

Bien sur qu’il en existe des bons, des amoureux du patrimoine et de son histoire, prenant l’enquête paranormale pour un loisir du dimanche qui permet de sortir du marasme en se créant des aventures « faciles », en motivant leurs histoires par le partage, en faisant connaissance avec des nouveaux amis comme certains partent en moto avec le club de motards « Hells bike warrios club » de Neuville-sur-Yvette. D’ailleurs je salue ces chasseurs de fantômes, ils ont quelque chose d’attendrissant. Non, je parle de ceux dont la motivation PREMIÈRE est d’en vivre, avant même d’avoir acheté leur caméra.

On ne vit pas sur le drame des autres, de tous les autres, sur la crédulité des gens de l’autre coté de l’écran et la détresse des morts, pathétiquement démunis qui parfois répondent aux invocations et cherchent surement de l’aide ou un réconfort palpable, parfois même, nous les entendons pleurer…

Les vautours de fantômes n’aident personne et ce billet assez critique n’y changera rien alors qu’il n’y a qu’un pas à faire : ne pas voir la chasse de fantômes comme un métier.

Je ne suis pas moralisateur, juste blasé.

Vous savez, si vous avez pris le temps de lire jusqu’ici, je vous en remercie et pour finir sachez que je vais  amoindrir la charge contre les vautours de fantômes. Ils répondent à une demande, cette demande est très claire, il faut du consommable, du visuel, du sonore. La pensée, l’imagination, la création en elle-même n’intéresse pas les foules, je suis le premier à le savoir…

L’expérience est une lanterne qui n’éclaire que celui qui l’a porte.

Pour finir, avec cet article polémique peut-être aurai-je des partages qui me feront gagner 1 euros ou 2… En dénonçant, je me donne bonne conscience, je me place au-dessus de la mêlée, m’offrant le meilleur rôle mais finalement, à bien y regarder, je suis aussi quelque part un vautour du paranormal.

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