Vous allez me dire “Punaise, mais toutes tes histoires, c’est du mytho avoue” et je vais vous répondre que sincèrement non. C’est peut être l’interprétation que j’en fais qui peut être soumise à caution. Cependant, je m’efforce de vous livrer mes expériences avec le plus de détails possibles car en effet, l’imagination peut jouer des tours.

Cette fois, je vais vous faire part d’une histoire qui est arrivé à mon cousin et moi en 1994 ou 1995. A l’époque j’avais, 16 ou 17 ans et mon cousin 14 ou 15 ans.

Cette histoire se déroule dans la Somme entre Blangy et Oisemont.

A l’époque, nous rendions visite à un ami qui nous proposait de l’accompagner à une fête foraine dans un village alentour. Nos parents respectifs mangeaient ensemble ce soir là dans sa maison. Mon cousin et moi décidons de l’accompagner, pourquoi pas y faire un tour ! (Dans cette région, il faut dire qu’il n’y avait pas grand chose à faire).

Cette fête se déroulait à quelques kilomètres de là et nous n’avions aucun véhicule, sauf notre ami qui avait un scooter. Mon cousin et moi empruntions les vélos de sa mère et de sa soeur, on ne s’arrêtait pas à ce genre de chose…

Nous voila donc partis, il devait être 22H, c’était l’été, il faisait encore jour quand nous sommes partis, notre ami roulant au ralenti pour nous montrer le chemin. La route était entourée de champs entre les deux villages.

Nous arrivons sur place, faisons 2/3 tours d’autos tamponneuses et puis, je vois notre ami (qui n’avait pas froid aux yeux malgré son âge, il devait avoir 14 ou 15 ans) commencer à s’embrouiller avec un forain qui devait avoir le double de son âge. Oui notre ami avait dragué la femme de ce monsieur sans mettre de gants. Je sens le vent tourner, je n’aime pas ça. Je lui demande alors ce qui se passe:

“Rien, rien, j’ai dragué la femme du forain, il me cherche…”

Je le vois inquiet et comme j’avais 2 ou 3 ans de plus et que fatalement, je me sentais responsable compte tenu de mon âge, je lui ordonne de monter sur son scooter et de rentrer à la maison. Mon cousin et moi saurions rentrer seuls.

La nuit était pratiquement tombée, il devait être 22H30/23H, je n’ai pas l’heure exacte mais je sais qu’il faisait quasiment nuit, entre chien et loup lorsque nous grimpions mon cousin et moi sur nos vélos. Notre ami quant à lui, avait pu profiter des dernière minutes de soleil pour rentrer. Il ne fallait pas trop perdre de temps, les routes de campagne sont rarement éclairées lorsque l’on est entouré de champs et nous en avions pour au moins 20/30 minutes… A vrai dire, je ne sais plus exactement.

(L’image d’illustration se rapproche de la luminosité dans laquelle nous roulions)

Craignant tout de même des représailles, ne sachant pas vraiment ce qu’il s’est passé, j’invite mon cousin à ne pas hésiter sur la pédale, il fallait vite s’éloigner. Nous pédalons fort en entamant le retour à la maison de notre ami. Puis, comme à notre habitude, une fois assez éloignés de la fête, nous nous mettons au même niveau pour discuter un peu et débriefer de ce qui s’était passé. Nous essayons de nous décontracter en nous racontant des banalités.

C’est alors que sur le bord de la route, nous voyons une ombre se distinguer dans le clair de lune, une énorme ombre.

“C’est quoi ce chien !!?” Me dit-alors mon cousin.

Dans l’obscurité, nous avons vu tous les deux une sorte de chien loup assis, à mesure que nous rapprochions de lui. Il avait l’air de fixer l’horizon. Pour vous expliquer clairement la disposition de ce souvenir. Nous étions mon cousin et moi à droite de la route et ce “chien” à gauche, sur le bord.

En s’approchant, il ne semblait pas agressif, on devait être à une vingtaine de mètres. Mon cousin était légèrement devant moi lorsque nous arrivons devant cette silhouette qui paraissait de plus en plus énorme à mesure que nous nous approchions. J’ordonne à mon cousin d’y aller à fond, de fuir, je lui ferme la route en me décalant légèrement à sa gauche. J’ai des grandes jambes et mon cousin alors n’avait pas fini sa croissance, un jour il s’était fait attaquer par un chien devant mes yeux et je ne voulais pas que cela se reproduise (lui non plus d’ailleurs).

Je vois mon cousin se mettre en danseuse sur le vélo, il envoie du lourd. Je lui dis de ne pas le regarder et de foncer ! Il ne détourne pas le regard, c’est ce que j’attendais de lui et cela me rassure, j’avais vraiment peur. Lorsque nous arrivons à hauteur du “chien” je le regarde alors. Je vois une sorte de chien loup qui devait faire entre 1M30 et 1M50 assis. Je ne regarde pas ses yeux, je vois juste son pelage remuer au vent, une épaisse toison comme un loup avec des poils longs avec une encolure proéminante et forte.

Il ressemble à ça l’air menaçant en moins. Les pattes avant posées au sol.

Je ne le fixe pas, je prends suffisamment d’informations pour voir que le chien ne souhaite pas nous attaquer, il ne bouge pas d’un iota. Je ne me retourne pas et motive mon cousin à garder la cadence… Le chien ne nous suit pas.

“Tu as vu couz !”

“Il était énorme !!!”

Nous avons souvent parlé de cette histoire tous les deux. Que faisait ce chien à cet endroit là ?

On aurait dit qu’il était confiant, assis et sûr de lui, comme si sa place était là au bord de cette route.

A l’instant où je vous parle, je viens de demande à mon cousin des détails pour étayer l’histoire que je vous narre, voici ce qu’il m’a rapporté.

“il était gros et poilu” . “Il était gros car moi j’étais petit”

Oui, mon cousin n’est pas très loquace mais ce souvenir à plus de 20 ans et cela a duré l’espace de quelques secondes. Suffisamment en tout cas, pour que nous nous rappelions encore avec plus ou moins de détails.

Ce n’est qu’il y a quelques années que j’ai entendu l’histoire du dogman. Je ne sais pas si cette chose en était un. Je n’ai pas eu le temps de voir des yeux rouges comme il est rapporté, je ne l’ai pas vu de face, je n’ai pas cherché son regard et lui ne tournait pas la tête. Il fixait droit devant lui avec une posture confortable et décidée.

Et nous, nous étions décidés à fuir.

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